jeudi 12 mars 2009

Le luxe non ostentatoire

"-Qui est-ce ?
- Un Roi, sans doute, il n'est pas couvert de merde."
"Sacré Graal " (la version des Monty Python)






1) Le corps comme le signe extérieur de statut. Le corps est le plus bel objet de la consommation , plus lourd de connotations que la voiture, le sac de luxe ou autre objet-signe. Après une ère de puritanisme le corps est devenu omniprésent. C'est un véritable objet de culte, on l'entoure des soins, des régimes, des exercices, etc. Le corps athlétique et mince, "la ligne", "la forme", la dentition éclatante, le teint parfait et la chevelure soyeuse disent plus du statut social qu'un sac griffé ou une Rolex en or. On peut plus facilement s'offrir une montre de luxe, que d'obtenir cet éclat précieux du aux années du narcissisme insouciant. Comme dans tous les domaines il faut respecter certaines règles et ne pas depasser certaines limites pour éviter le piège du "bling-bling". Un corps excessivement musclé, trop bronzé (couleur "meuble en acajou"), la poitrine trop siliconnée, etc. sont aussi vulgaires que la surconsommation ostentatoire.



2) La simplicité ostentatoire. L'image sobre et discrète , construite avec des basiques intemporels. L'élégance sans faute. Rien n'est ostentatoire, mais l'oeil entraîné remarque tout de suite la noblesse des matières, la perfection des coupes et des finitions, ainsi que les pièces faites sur mesure.



3) Le mélange "cheap and chic". L'équilibre entre le luxe et la simplicité. La nonchalance des pièces accessibles à tout le monde , comme une robe H§M ou un pantalon Topshop , par exemple, est pimentée par un ou deux détails luxueux et de bon goût: une paire de chaussures sublimes, une montre élégante, un foulard, un sac, un bijoux etc.


Sur cette photo Sienna Miller porte des chaussures Chanel d'une valeur de 650 euros

Charlotte Casiraghi porte une montre Chanel d'une valeur de 2970 euros



4) Le luxe intemporel. Certaines pièces traversent le temps sans prendre une ride. Leur qualité, leur élégance et leur histoire ont un charme particulier, ce qui leur permet d'echapper au moins partiellement à la connotation "signe extérieur de richesse". On ne peut jamais dire avec certitude si, par exemple, un sac 2.55 de Chanel ou le sac Kelly de Hermès ont été achetés dans une boutique de la marque, hérités ou trouvés dans un obscur "depôt-vente". Ce mystère crée la différence avec les it-bags et autres "hits" saisonniers, très mal vus à l'époque de la crise économique.





5) Le luxe patiné. La gentry anglaise se reconnaît à son dédain de l'ostentation, au point de demander aux valets de chambre d'user les vestes trop neuves et de patiner les chaussures. Un vêtement qui a vécu ou un accessoire usé perdent l'eclat "bling-bling" du luxe trop neuf. Ils ont une allure de la "seconde peau" qui ne font qu'un avec celui ou celle qui les porte. Le temps est le meilleur ami du vrai luxe, là où le faux luxe se détériore, le vrai luxe se patine. Certaines marques proposent des vêtements neufs patinés artificiellement, on peut trouver des vêtements et accessoires de luxe, patinés juste ce qu'il faut dans les boutiques vintage, ça peut être une bonne alternative si on manque de patience ou si on ne fait pas partie d'une vieille famille noble qui a la tradition de transmettrre des beaux objets d'une génération en génération.





6) Le "no look" comme signature. L'option qui peut paraître la plus simple au premier abord et qui se révèle d'être la plus difficile. "Je suis tellement occupé à être que je n'ai pas de temps pour paraître." C'est souvent le message de l'image négligée. Hélas ce message peut rester incompris et ceci dans la grande majorité des cas. Il faut avoir une sacrée personnalité, une intelligence exceptionnelle, un humour dévastateur , le physique de rêve , du talent , voire toutes ces qualités à la fois pour pouvoir "emporter" des vêtements informes, des harmonies des couleurs dévastatrices, des cheveux en bataille et autres joies du "no look". L'habit ne fait pas le moine, mais le prince fait l'habit.










3 commentaires:

Julie a dit…

Très bon article, qui illustre le nouveau concept à la mode, formulé par Lagerfeld si je ne me trompe pas, "la nouvelle modestie" (Lagerfeld modeste, moi je n'y crois pas du tout donc peut-être que je me trompe sur l'initiateur du concept).
J'aime beaucoup ton allusion à la carnation couleur "meuble en acajou", ha ha, ça me fait penser à Flavio Briatore ou Donatella "le naturel c'est pour les légumes" Versace.

Adelina a dit…

Merci Julie!
La fausse modestie est un début. "La nouvelle humilité" change les habitudes des modasses les plus pointues, il n'est plus honteux d'être vue deux fois avec le même vêtement et mêm J.Lo.commence à regarder ses tickets de caisse avec un peu d'intérêt. Une vraie crise! :lol:

Anonyme a dit…

excellent article !!
Comme toujours ! Merci beaucoup, adelina !!

Béatrice